Les sujets de recherche et d’innovation de Google ne se limitent pas aux biotechnologies et à la voiture connectée… Pour creuser l’écart avec ses concurrents, le géant de la Silicon Valley a lancé en 2012 une étude afin d’identifier ce qui fait qu’une équipe d’ingénieurs échoue ou, au contraire, surperforme.

Cette étude, appelée le projet Aristote a mobilisé les meilleurs statisticiens, sociologues, ingénieurs et psychologues de Google.

 

L’enjeu est de taille car le temps passé à travailler en équipe a augmenté de 50% ces vingt dernières années. Des milliers de dirigeants et de managers dans le monde entier cherchent la recette : comment obtenir une équipe performante ?

 

Au départ, les chercheurs ont choisi une approche statistique et ont analysé les données de centaines d’équipes à la recherche des critères déterminants pour trouver la formule miracle de la performance collective. Faut-il rassembler les personnes qui ont eu le plus de succès dans leur carrière ? Non. Les collaborateurs les plus complémentaires ? Pas plus. Mélanger les introvertis et les extravertis ? Pas davantage. Ceux qui partagent une vision commune et recherchent le même type de reconnaissance ? Toujours pas…

 

C’est le premier constat de cette étude : Avoir une équipe performante ne dépend pas de qui est dans l’équipe mais de comment les gens travaillent ensemble !

 

L’équipe de chercheurs a ensuite poursuivi ses recherches en tenant compte de ce résultat. Elle a alors scruté le travail de 180 équipes d’ingénieurs et multiplié les enquêtes. C’est en rencontrant Amy Edmondson, professeur à Harvard Business School, et en découvrant le concept de sécurité psychologique de l’équipe, que les premiers éléments de réponse ont émergé. Le point commun des équipes les plus performantes est d’être  « une équipe qui ne fera pas honte, ne rejettera pas quelqu’un qui s’exprime ouvertement », ou encore « un climat caractérisé par la confiance interpersonnelle et le respect mutuel, dans lequel les gens se sentent à l’aise. »

 

Dès lors, la question suivante se pose : Comment développer de façon systématique la sécurité psychologique au sein d’une équipe ? Sur ce sujet, l’équipe de chercheurs du projet Aristote n’a pas trouvé la réponse malgré ses trois ans de recherche, comme le rapporte l’article du New-York Times dans son édition du 28 février 2016 : « What Google learned from its quest to build the perfect team? »

 

Rien de révolutionnaire finalement dans les conclusions de ce projet Aristote. Ayant moi-même préparé et animé plus d’une centaine de séminaires d’équipes, j’en arrive à la même conclusion et constate que la sécurité psychologique en équipe, une fois établie, est bien difficile à maintenir pour toutes celles qui vivent le changement en permanence !

 

Néanmoins, cette étude a le mérite de démontrer scientifiquement qu’il n’y a pas de recette toute faite pour avoir une équipe performante, et qu’il s’agit du résultat d’un travail « sur-mesure », mobilisant les ressources personnelles de son dirigeant.

 

Si la sécurité psychologique de l’équipe ne peut être un objectif véritable, car inatteignable, il est en définitive essentiel que les dirigeants convaincus de la valeur ajoutée du travail en équipe considèrent ce concept comme un indicateur clé de la dynamique de leur collectif.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

EffacerEnvoyer